La neige tombe en silence, recouvrant mes pas. Ici, l'air est rare, il brûle les poumons. Je regarde la vallée, ce monde minuscule que j'ai fui. Chaque rocher semble porter le poids d'une vie, une pierre tombale naturelle pour ceux qui ont cherché la paix trop haut.
Le vent hurle entre les parois, il me parle dans une langue que j'ai oubliée. Je me tiens au bord, là où le ciel touche la terre, dans un vertige absolu.
"Sommet, somme, sombrer, sombre, voilà où mène cette quête inutile."
La montagne gronde, elle veut ma peau, j'suis qu'un débris dans ce chaos.
"Vent, vente, venter, vingt, tout s'écroule quand la tempête se déchaîne."
J'ai gravé mon nom dans le givre, mais le givre fond,
J'ai cherché la lumière, j'ai trouvé qu'un horizon sans fond.
La montagne est cruelle, elle ne connaît pas la pitié,
Elle m'a pris ma force, elle m'a pris ma moitié.
Les rochers sont froids, ils résonnent de tout ce que j'ai voulu taire. Je m'assois contre la roche, sentant l'humidité s'infiltrer sous mes vêtements, seul face à l'immensité.
"Roche, rocher, roc, rocaille, mon cœur est devenu aussi dur que ce paysage."
Le froid n'est plus un ennemi, c'est une couverture. Je ferme les yeux, le silence est enfin total. La montagne m'a accepté, elle m'a intégré à son décor de glace.
"Neige, neiger, né, néant, je disparais enfin dans ce tombeau de cristal."