Ils disent :
“Tu verras quand tu seras grand.”
Mais moi j’suis là maintenant,
avec mes questions qui tournent en rond.
Ils comprennent pas
que parfois j’me tais pas par insolence,
mais parce que dans ma tête
c’est l’orage sans silence.
Ils voient une porte qui claque,
un regard qui fuit,
mais pas les batailles invisibles
que je mène chaque nuit.
Ils disent qu’on a tout :
un toit, des repas, des écrans.
Mais ils oublient
qu’on peut manquer d’air
même dans une maison de géants.
Ils comprennent pas
que nos “ça va” veulent souvent dire :
“J’ai juste pas les mots
pour vous dire le pire.”
Eux parlent de leur époque,
des lettres, des cabines téléphoniques,
nous on grandit avec des jugements
qui défilent en public.
Un faux pas reste affiché,
un sourire peut être fake,
et chaque photo qu’on poste
devient un examen qu’on passe.
Ils pensent qu’on provoque
quand on défend nos idées,
mais on veut juste exister
sans devoir se cacher.
On veut pas être parfaits,
on veut juste être entendus.
Pas des robots polis
qui disent toujours : “bien reçu”.
Parce qu’au fond,
on cherche tous la même chose :
un peu de confiance
dans ce monde qui explose.
Alors avant de dire
“Tu comprends rien à la vie”,
qu’ils se rappellent juste
qu’eux aussi avaient notre âge…
et sûrement les mêmes nuits.