J’suis né sans rien, même pas l’droit d’rêver grand,
Dans un quartier où la misère parle plus fort que les parents,
Les murs sont fissurés comme nos espoirs d’enfant,
On apprend trop tôt que la vie frappe sans gants.
Le ventre vide, mais la tête pleine de colère,
Chaque nuit j’prie, mais le ciel reste en silence amer,
Maman fatiguée, ses yeux racontent la guerre,
Elle sourit pour nous, mais son cœur est en enfer.
J’ai vu des frères tomber pour un billet sale,
D’autres vendre leur âme pour sortir du local,
Ici la survie c’est un combat quotidien,
T’as pas d’choix, soit t’avances, soit tu deviens rien.
Pas d’costume, pas d’cravate, juste des rêves en survêt,
La dignité coûte cher quand t’as même pas d’quoi bouffer,
Le regard des gens pèse comme une condamnation,
Parce que t’es pauvre, ils t’enferment dans leur vision.
Mais j’garde la rage comme moteur dans mes veines,
Chaque larme devient une arme contre la haine,
J’écris ma douleur pour pas sombrer dans la peine,
Parce que même sans rien, j’refuse d’vivre à genoux, même.
J’suis l’homme qu’ils voyaient jamais réussir,
Celui qu’on oublie, celui qu’on laisse mourir,
Mais dans l’ombre j’brille, même sans lumière,
Parce que la pauvreté forge les guerriers les plus fiers.