*"On a quitté loin"*
_Slam pour Noëline Étiennette Zannou, par Hospice_
J’pose les mots sans musique, juste le cœur qui bat,
Noëline Étiennette Zannou, écoute-moi.
On a quitté loin, tu t’en souviens pas ?
Campus d’Abomey-Calavi, cartable troué, ventre vide,
Stages académiques à n’en point finir, zéro prime, zéro ride.
Toi t’avais l’argent de semaine dans la paume,
Et tu faisais des miracles, tu nourrissais des royaumes.
Moi j’étais ton Hospice, étudiant fauché, rêves en poche,
Toi t’étais déjà reine, même en chaussures qui cloches.
On priait. Des années. Genoux usés, ciel fermé.
Mais Dieu, Il notait. Dieu, Il comptait.
Et Il a exaucé.
2016 : Mystère débarque. Notre aînée. Notre princesse.
Elle a les yeux qui questionnent le monde et le caressent.
2019 : Michée surgit. Le prince. Le calme après la tempête.
Il porte ton silence, ma force, nos conquêtes.
2026 : Mariella Elisabeth. La reine. Le point final d’un poème.
Trois enfants, trois couronnes, trois preuves que Dieu nous aime.
Aujourd’hui tu signes "Assistante de Direction",
À l’Institut national de l’eau, tu diriges, tu rayonnes.
Mais moi je vois encore la fille du campus,
Qui transformait 500 francs en repas pour deux, en bus, en plus.
T’es la mère de mes enfants, la source de mes pas,
La preuve que l’amour, quand c’est vrai, ça ne meurt pas.
Alors Hospice, votre papa chéri, il se lève et il dit :
Merci.
Merci pour les nuits sans sommeil, les jours sans billet,
Merci d’avoir cru quand moi-même je doutais.
On a quitté loin, Noëline.
Du rien au tout, de la galère à l’INE.
Mais le plus grand poste que t’occuperas,
C’est celui de reine, ici, dans mes bras.
Mystère, Michée, Mariella et moi, on scelle ça :
On t’aime fort. Hier. Aujourd’hui. Et tous les combats.