J’suis venu, donc ferme ta gueule
J’ai trop vu les faux sous les belles couleurs
Petit, j’apprenais la haine dans les couloirs
Maintenant j’fais des phrases qu’on comprend le soir
Ils veulent tous la lumière sans brûlure
Ils veulent le sommet sans les blessures
J’regarde les hommes comme des serrures
Y’a des cœurs fermés derrière les costumes purs
J’compte plus les regards faux, j’lis les hommes comme des dossiers
Le diable m’a laissé l’adresse, Dieu m’a juste dit d’avancer
J’fais des phrases qu’on comprend après, comme une cicatrice tardive
Y’a des rois qui portent des chaînes et des pauvres qui pensent vivre
J’me méfie des mains qui saluent, souvent les mêmes qui visent
Le silence coûte moins cher que les promesses qu’ils improvisent
Ils veulent la lumière sans connaître le prix des brûlures
Moi j’rappe comme un dernier souffle avant fermeture
J’parle peu mais chaque phrase laisse un goût de blessure
Ils m’écoutent une fois pour le flow… deux pour la lecture
J’suis venu pour prendre la place
Pas pour faire la paix
Chaque mot laisse une trace
Même quand j’me tais
Ils bougent pour l’image
Moi pour survivre
Leurs rêves sont fragiles
Les miens veulent nuire
J’ai vu des frères devenir froids pour quelques billets sales
Le respect change de camp quand les poches deviennent grasses
Les vrais loups montrent jamais les dents devant la masse
Le danger porte souvent le visage le plus calme
J’suis pas venu pour plaire, j’suis venu prendre la pièce
Même les ombres dans la salle connaissent déjà mon adresse
Ils croient m’voir au départ alors qu’j’ai quitté la course
Le temps révèle les traîtres comme la pluie révèle la source
J’laisse des phrases codées dans les têtes comme des coffres
Si tu comprends tout d’un coup… c’est qu’le morceau est trop pauvre.Couplet :
J’parle calme
Mais ça découpe
Le sourire ment
Le regard avoue
J’suis venu pour prendre la place
Pas pour faire la paix
Chaque mot laisse une trace
Même quand j’me tais
Ils bougent pour l’image
Moi pour survivre
L