Couplet :
J’ai vu l’amour naître dans des regards brisés,
Dans des cœurs blindés qui refusaient d’exploser,
On parle de force mais c’est fragile en silence,
Ça tient sur un souffle, un mot, une absence.
J’ai donné sans compter, j’ai saigné sans facture,
Confondant loyauté et douce torture,
Trop vrai pour tricher, trop fier pour mendier,
Mais l’amour m’a appris à tomber sans plier.
C’est pas que des roses, c’est des épines dans l’âme,
Des nuits à rallumer ce qui s’éteint dans la flamme,
Des “je t’aime” murmurés comme des pactes éternels,
Puis le même cœur qui doute quand le réel devient cruel.
On s’attache aux promesses comme à des bouées percées,
On coule doucement mais on refuse d’y penser,
Et même quand ça casse, y’a des morceaux qui s’accrochent,
Des souvenirs lourds qui résonnent dans les poches.
J’ai appris que l’amour c’est pas posséder quelqu’un,
C’est laisser libre même quand ça te coûte tout ton destin,
C’est écrire à deux mais accepter les pages seules,
C’est sourire en public et pleurer dans l’accueil.
C’est des guerres sans bruit, des victoires invisibles,
Des cicatrices propres mais des douleurs indicibles,
C’est croire encore fort après mille désillusions,
Mettre son cœur en jeu malgré les illusions.
Alors j’avance avec mes failles en bagage,
Chaque amour perdu m’a rendu plus sauvage,
Mais aussi plus vrai, plus profond dans mes vers,
Parce que chaque “nous” laissé m’a construit dans l’envers.
L’amour m’a détruit, reconstruit sans notice,
C’est un poison doux qui te rend dépendant du supplice,
Mais j’y retourne encore, comme un soldat fidèle,
Parce qu’au fond, sans amour… même la vie est moins belle.