[Intro]
Les chiffres défilent, et mon esprit s’étrangle au plafond
Je compte les litres comme on compte les regrets, lentement
[Verse 1]
Dans la pompe, le compteur hurle une prophétie sans éclat
Le prix claque, et j’avale ma fierté, coincée entre deux billets
Le miroir de la station me renvoie une vie en nuages noirs
Mais je souris, sarcophage social, quand la carte passe en noir
[Pre-Chorus]
Je respire par le tiret d’un reçu, ahurie, abasourdi
Le monde se paye en centimes, et moi je dois prendre l'ennui
[Chorus]
Jackpot à la pompe, ça rate puis ça recommence
Je verse des larmes en plein décompte, et c’est drôle et sinistre
Le compteur chante grave, la vie s’enfuit en silence
Et je ris jaune, résigné, au spectacle de l’essence qui tue
[Verse 2]
Le bidon chauffe mes nerfs, l’avenir se renverse sur le pouls
Le taxi multiplie les kilomètres sans jamais payer la lune
Les factures se collent comme du carburant sur les ailes
Et moi, citoyen ordinaire, j’apprends à faire du vide avec mes idées
[Pre-Chorus]
Le prix tombe sur ma tête comme une pluie de plombs sur ma vie
Je griffonne des excuses sur le ticket, puis j’oublie
[Chorus]
Jackpot à la pompe, ça rate puis ça recommence
Je verse des larmes en plein décompte, et c’est drôle et sinistre
Le compteur chante grave, la vie s’enfuit en silence
Et je ris jaune, résigné, au spectacle de l’essence qui tue
[Bridge]
Si le système est une horloge, moi je suis la tache d’encre
Je compte, je craque, puis je respire entre les fuites
La ville avale mes rêves un plein après l’autre
Et chaque plein me laisse un peu moins de moi même
[Chorus]
Jackpot à la pompe, ça rate puis ça recommence
Je verse des larmes en plein décompte, et c’est drôle et sinistre
Le compteur chante grave, la vie s’enfuit en silence
Et je ris jaune, résigné, au spectacle de l’essence qui tue
[Outro]
Dernier souffle sur le peu qui reste, compteur cligne en noir
Je relis le reçu comme une épitaphe sur le monde moderne
Jackpot à la pompe, et puis c’est tout, jusqu’au prochain tour