[Intro]
Sous le bruit des grues et du vent qui se souvient, je marche
Les rails chantent des noms que l’on n’ose prononcer
[Verse 1]
C'est moi, l'ouvrier des fondations et des brides de routes,
Là où le jour se forge sans éclat, sans pause, sans doute,
Je garde le sceau des terrains, le souffle des harnais,
Et mes mains écrivent les plans sur la chair des années.
[Pre-Chorus]
On voit l’ouvrage grandir dans le miroir des villes,
On applaudit les tours, les ponts, les perles des ensembles civils.
Mais dans l’ombre, mon nom se perd, fragile fil.
[Chorus]
Je suis le conducteur d'engin, bâtisseur du monde, oublié,
Je pose les épaules sur le lit de la terre, oublié,
Ma fierté demeure dans chaque pierre et chaque rue, oublié,
Mon travail forgé dans le silence où la société s’émeut peu.
[Verse 2]
J’entends le brouhaha des moteurs comme un cœur qui bat,
Chaque pierre posée raconte une vie qui se met en route,
Les rues namelisées, les rues qui vont et viennent,
Et mon nom, petit souffle, s’évapore au vent qui chemine.
[Pre-Chorus]
On parle d’avenir, on parle de plans, de croissance,
Mais qui remonte la colline quand tombe la nuit, qui danse?
Sans mes mains, c’est le vide, c’est l’absence qui se tisse.
[Chorus]
Je suis le conducteur d'engin, bâtisseur du monde, oublié,
Je pose les épaules sur le lit de la terre, oublié,
Ma fierté demeure dans chaque pierre et chaque rue, oublié,
Mon travail forgé dans le silence où la société s’émeut peu.
[Bridge]
J’ai vu les plans devenir villes et pays, mais non mes propres années,
J’ai tendu les lignes droites, j’ai plié les douleurs en poussières,
Qui remercie la poussière qui tient la peau du monde?
[Chorus]
Je suis le conducteur d'engin, bâtisseur du monde, oublié,
Je pose les épaules sur le lit de la terre, oublié,
Ma fierté demeure dans chaque pierre et chaque rue, oublié,
Mon travail forgé dans le silence où la société s’émeut peu.
[Outro]
Quand les lumières s’allument et que l’ouvrage se dresse,
Je suis là, invisible fil, qui relie le seuil et l’adresse.