Vidéo cinématographique abstraite en noir et blanc,
le son est absent mais le rythme est présent,
l’image précède le sens, pas l’inverse,
des mots qui ne cherchent pas à être compris mais à troubler,
phrases fragmentées comme des ombres,
le sens tourne comme de la fumée,
si on l’attrape il disparaît, si on le laisse il apparaît,
parler de soi sans jamais dire « je »,
parler des autres sans les nommer,
la question devient réponse,
la réponse interroge à nouveau,
un mot face à un mot,
entre les deux, un silence qui parle,
le jour ressemble à la nuit,
la nuit ressemble à un miroir,
un visage inversé, identité floue,
chaque chemin semble une fin mais n’est qu’une virgule,
des lettres arabes flottantes qui se dissolvent lentement,
douleur traduite dans une langue qui ne s’écrit pas,
confusion poétique, pas de clarté imposée,
lenteur, immobilité, espace vide,
le vide parle plus que mille phrases,
vidéo muette, mystérieuse, introspective,
une œuvre à déconstruire, pas à consommer.