Le Chant de la Cabine
Entre le ciel et l'enfer, suspendu à un fil de fer,
Je regarde en bas la terre, conscient que tout peut se taire.
Dans ma cabine de verre, face au vent qui vient m'assaillir,
Chaque tonne au bout du câble est un pari sur l'avenir.
Là-haut, le silence est lourd, le moindre faux pas est fatal,
On me croit roi du chantier, je suis sur un fil de cristal.
La tempête gronde dans mes veines, la flèche oscille sous l'orage,
Je porte le poids du béton, et la peur au fond du courage.
Une erreur, et tout s'écroule, les vies d'en bas et la mienne,
Sous mon casque, je prie le ciel pour que la structure tienne.
Quand je redescends d'un bloc, les mains tremblantes d'avoir tenu,
Je sais qu'on l'a échappé belle... un jour de plus de survécu.