C’est pas un jeu de gosse quand le moteur rugit sous la cabine,
Vingt tonnes d'acier entre les mains, le moindre écart t'assassine.
On checke les angles morts, mais le danger est dans l'invisible,
Un sol qui se dérobe, une faille, et tu deviens la cible.
La boue masque les trappes, la pluie rend le terrain traître,
On jongle avec le vide, chaque manœuvre se joue au millimètre.
Les câbles haute tension frôlent le bras de la grue,
Un moment d'inattention et c'est la foudre dans la rue.
La fatigue tape sur les tempes, dix heures à fixer les chenilles,
Pendant que l’adrénaline et la poussière te bouffent les pupilles.
On dit que la machine est forte, mais l'homme reste fragile,
Sous le poids des bennes, la vie ne tient qu'à un fil docile.
C’est pas que de la ferraille, c’est des vies qu’on déplace,
Un mauvais devers, un renversement, et le silence prend la place.
Le gyrophare clignote comme un signal de détresse,
Sur le chantier, la mort ne fait jamais de promesse.