Mon petit Nicolas Urbain,
Ce soir, ta chambre est calme. Il n’y a que le bruit du ventilo colonne que tu as choisi toi-même, celui “avec la télécommande, comme les grands”. Il tourne doucement en mode nuit et fait danser un peu le rideau.
Je t’écris ça maintenant, pendant que tu dors la bouche entrouverte, avec ton bras qui dépasse du drap. Un jour tu seras grand et tu trouveras peut-être cette lettre au fond d’un tiroir.
Je veux que tu te souviennes de ça : la façon dont tu plisses le nez quand tu ris trop fort. Ta manie de vouloir tout comprendre, tout démonter, tout remonter. L’énergie que tu mets à défendre ton avis sur les choses importantes — comme pourquoi le ventilo est “beaucoup trop stylé” et pourquoi le brasseur d’air c’est “pour le garage de papi”.
Reste curieux, mon petit Nicolas Urbain. Reste têtu pour les bonnes causes. Et n’oublie jamais d’éteindre le ventilo avant de partir le matin, même si je sais que tu oublieras encore pendant 10 ans.