[Intro]
(Bruit de briquet, une longue expiration)
Ouais...
C’est toujours le même film, mais les acteurs changent.
Le ciel est gris, comme mon âme avant l’orage.
Grrr, pah !
[Couplet Unique]
J’ai les mains sales mais le cœur qui s’effrite,
Je compte les potos partis, j'ai plus le goût des rites.
Dans la zone, le silence fait plus de bruit que les douilles,
On cherche la paix dans le fer, c’est ça qui nous dépouille.
J'regarde la pluie couler sur la vitre du bolide,
Plus je monte en grade, plus je me sens solide... ou vide ?
J'ai troqué mes rêves contre des liasses de billets mauves,
Mais l'insomnie me guette, je suis l'esclave de mon propre fauve.
On s'est promis la lune, on n'a vu que le bitume,
L’amitié s’évapore quand l’oseille s'accumule.
J'vois leurs sourires en coin, je sais qu'ils attendent ma chute,
Mais j'ai le gilet par-balles sous ma veste en velours, c'est la lutte.
Maman prie pour moi, mais je crois qu'Dieu est occupé,
À gérer tous ces gosses que la rue a déjà découpés.
Un dernier joint de amné pour oublier l'amertume,
Je marche seul dans le noir, j’ai l'habitude de la brume.
[Refrain]
Mélancolie dans le chargeur, j’tire sur mes démons,
On veut l'or et le diamant, mais on finit dans le limon.
Le piano pleure, la basse cogne dans ma poitrine,
C’est la mélo du bitume, celle qui nous assassine.
Ouais, c’est la mélo qui nous assassine...
[Outro]
J’ai le cœur sous cellophane,
Hermétique à leurs drames.
On avance, on encaisse, on s'efface...
(La musique s'estompe sur une note de piano isolée)
Pah, pah, pah...