Dans les ruelles sombres j’ai grandi sans lumière,
Les rêves cassés traînent sous mes semelles de misère,
Le cœur blindé, regard froid comme l’hiver,
Ici même les anges pleurent, y’a trop de prières sans repères.
J’ai vu des frères tomber pour des billets trop sales,
Des mères prier la nuit, genoux posés sur le carrelage,
La vie frappe sans prévenir, pas d’égalité, pas d’partage,
On survit entre les lignes, comme un texte sans message.
La rue m’a appris que l’amour peut être une illusion,
Que les sourires cachent souvent des trahisons,
On vise le sommet mais on part sans fondation,
Chaque pas qu’on fait résonne comme une condamnation.
J’parle à Dieu dans le silence quand la nuit m’écrase,
Cherchant un signe dans ce monde rempli de phases,
Entre bien et mal, mon âme souvent s’égare,
Mais j’garde la foi même quand tout part en bazar.
Les billets rendent fous, les amis deviennent fantômes,
Le respect s’achète plus vite qu’un téléphone,
On joue les forts mais on saigne à l’intérieur,
Chaque sourire cache une guerre, chaque regard une peur.
J’avance seul, même entouré d’une foule,
Parce qu’ici la confiance se vend, puis s’écroule,
J’écris mes douleurs pour pas qu’elles me consument,
Chaque mot que j’pose, c’est une balle que j’assume.