Sous le poids du béton
Le réveil agresse un sommeil que la faim n'a pas rassasié,
C’est l’aube des oubliés, là où le luxe est un mot raturé.
On compte les centimes comme on compte ses jours de sursis,
Pendant que l'espoir s'étouffe dans l'humidité des murs gris.
C’est la valse des factures, le bal des huissiers à la porte,
On porte le monde sur le dos jusqu’à ce que le corps craque et s’emporte.
Le frigo est un désert, les rêves sont des mirages au loin,
On survit en silence, la dignité serrée dans le poing.
Dans le regard des autres, on n’est qu’une ombre, un chiffre, un défaut,
Mais personne ne voit la force qu’il faut pour porter ce fardeau.
On laboure le bitume pour une miette, un souffle, un répit,
Condamnés à l’effort dans un monde qui nous méprise et nous oublie.