Maman disait “ça ira”, mais le frigo criait famine,
Papa perdu dans ses silences, moi j’grandissais dans le vide.
J’ai appris la rue trop tôt, elle m’a serré dans ses bras,
Quand la maison ressemblait plus à un combat qu’à un toit.
On m’disait “sois fort”, mais j’étais qu’un gosse en détresse,
Alors j’ai caché mes blessures derrière la haine et le stress.
J’ai vu des frères tomber pour quelques billets sales,
Ici les rêves meurent jeunes entre la misère et les balles.
J’ai grandi sans mode d’emploi, juste avec la rage au ventre,
Le sourire sur les photos cachait des tempêtes immenses.
Même mes larmes avaient peur de couler devant les hommes,
Parce qu’ici montrer son cœur, c’est déjà creuser sa tombe.
Et si aujourd’hui j’rappe ma douleur… c’est pour pas mourir en silence.
La rue m’a élevé quand l’amour était absent,
Elle m’a appris à survivre avant d’être innocent.
J’ai transformé mes douleurs en punchlines dans le noir,
Parce qu’écrire ma souffrance… c’est ma seule façon d’y croire.