J’ai grandi dans les regards, pas dans les mots qu’on dit,
Des jugements sur ma peau, sur mon reflet, sur ma vie.
Le miroir me parlait plus que tous leurs discours,
Ils voyaient mes défauts, moi je cherchais l’amour.
Philosophe dans l’âme, perdu dans mes pensées,
La tête dans les nuages, comme si j’étais déjà envolé.
J’rêvais de toucher l’ciel, quitter le sol des regrets,
Devenir pilote, fuir tout c’qui voulait m’enchaîner.
Mais la vie c’est un cercle où les liens s’effacent,
Y’a des frères devenus étrangers sans laisser de traces.
Des potes qui t’serrent la main mais qui poignardent ton dos,
La trahison m’a appris qu’le cœur devient un fardeau.
Et pourtant j’suis bizarre, j’le sais, j’comprends pas pourquoi,
Quand j’m’attache à un enfoiré, j’me perds et j’crois.
J’pourrais donner ma vie, brûler pour lui sans raison,
Comme si l’amour aveugle était ma seule prison.
L’été j’veux voir Mayotte, respirer loin du béton,
Trouver un bout de paix, oublier les tensions.
Mais même sous le soleil, y’a mes démons qui me suivent,
Parce que la fuite change rien à la guerre qu’on vit.
Maman me voyait médecin, blouse blanche et avenir,
Maintenant c’est plombier, les mains sales à construire.
J’lis la déception dans ses yeux quand elle m’regarde,
Comme si j’avais raté l’homme que j’étais censé être, quelque part.
Mais j’avance quand même, entre rêves et réalités,
Entre ciel et tuyaux, entre chute et liberté.
Parce que la vie c’est pas l’plan qu’on nous avait écrit,
C’est les choix, les erreurs, et les routes qu’on poursuit.
Alors j’garde la tête haute même quand tout vacille,
Même quand les critiques me découpent en mille.
Un jour j’prendrai l’envol, loin de leurs illusions,
Et peut-être que là-haut, j’trouverai ma version.