On s’est connu sans rien, poches vides mais tête pleine,
Même galère, même faim, même rêve qui nous traîne.
Sur les bancs d’école on signait déjà des pactes,
“Si l’un tombe, l’autre arrive”, c’était pas des actes.
T’as vu mes pires versions, celles que je cache aux autres,
T’as jamais lâché ma main quand j’étais à l’eau, à l’autre.
Quand j’avais plus de mots, t’as parlé à ma place,
Quand j’avais plus de force, t’as porté ma carcasse.
Les faux sont partis quand la table s’est vidée,
Toi t’es resté debout à m’aider à la plier.
On s’engueule, on se chambre, mais c’est jamais la guerre,
Parce qu’au fond on sait que l’autre c’est repère.
Tu connais mes silences, tu traduis mes absences,
T’as les codes de mes peines, les clés de mes défenses.
On a traversé tempêtes sans jamais chavirer,
Deux rameurs dans la barque, prêts à tout encaisser.
Les sous viendront, partiront, c’est du papier froissé,
Mais ce qu’on s’est juré, ça, ça peut pas se casser.
Si demain j’ai la lumière, c’est ton ombre à côté,
Si demain j’suis au sol, c’est ta main pour monter.
On vise pas le même ciel, mais on prend le même envol,
Frère de cœur, pas de sang, mais la même épaule.
Ils veulent nous diviser, calculer nos parts,
Mais l’amitié vraie, frère, ça compte pas en milliards.
Alors tant qu’on respire, on garde le cap,
Dos à dos face au monde, on encaisse les impacts.
C’est pas qu’un couplet, c’est un contrat sur la vie,
Signé dans la rue, validé pour l’infini.