[Intro]
Dans les couloirs gris des dépôts d’intérim, on cherche un lieu où tomber enfin
On avance, pas à pas, entre promesses qui s’échappent comme du vent
[Verse 1]
Marie, centrale, carnet d’attentes plein d’ombres et de chiffres
Elle cote les jours, les heures, les réformes qui ne tiennent pas leur promesse
Le système parle à voix basse, mais les mots perdent leur sens, défigurés par les lois
Les tests pèsent lourd, photocopies d’un avenir qui fuit
[Verse 2]
Ahmed quitte la ville pour des salles d’école lointaines, loin des épices du foyer
La distance devient un mur, les repas partagés remplacés par des appels tardifs
La prime est une étoile filante, prometteuse puis absente quand il faut payer le loyer
Les charges grimpeaient, les conditions restent, inélastiques comme le temps
[Pre-Chorus]
On lit les circulaires, on les répète comme des mantras, sans que le sens ne bouge
Les bons chiffres ne cachent pas les besoins; on voit clair dans les regards épuisés
[Chorus]
AME, enseignants sans espoir, on serre les poings et on tient à regret
AME, enseignants sans espoir, mais l’espoir tient encore sous le manteau
Reprise: la voix collective, la faim de reconnaissance, le droit à la sécurité
[Verse 3]
Cécile surveille les évaluations, elle sent la pression monter à chaque épreuve
Les carnets cassent les rêves, les résultats deviennent des murs où l’on se heurte
Les mots officiels perdent leur sens, réécrits sans âme, sans couleur ni chaleur
Et pourtant, on persévère, on signe, on enseigne malgré la fatigue
[Bridge]
On a choisi le métier pour nourrir des générations, pour croire à un futur qui tient debout
Alors on regarde autour et on demande juste ce qui nous revient en droit
[Verse 4]
Jean rêve d’un lieu où la stabilité est une promesse, non un mirage
Ses pas le portent vers une salle de réunion qui ne répond jamais vraiment
Les années s’étirent, les déménagements s’ajoutent comme des pages arrachées
Mais le cœur tient, bat au rythme des listes, des retours d’élèves et d’un sourire
[Chorus]
AME, enseignants sans espoir, on serre les poings et on tient à regret
AME, enseignants sans espoir, mais l’espoir tient encore sous le manteau
Reprise: la voix collective, la faim de reconnaissance, le droit à la sécurité
[Outro]
Un jour, peut-être, les portes s’ouvriront sans bruit, et les noms sur les listes auront un sens
Jusqu’alors on avance, ensemble, pour que la justice du travail trouve sa place dans le système