[Couplet 1]*
J’parle pas de sang, j’parle de ceux qui l’ont remplacé,
Ceux qui sont venus quand ma famille avait déserté.
On a grandi dans la rue, mais on a bâti des palais,
Avec 3 francs, des rêves, et des rires qui faisaient trembler les murs, ouais.
Vous étiez mon refuge quand le monde était de glace,
Mon frère de galère, ma sœur de combat, ma vraie famille, ma trace.
On a dormi à 6 dans un 2 pièces, mais on avait des royaumes,
On partageait le dernier pain... mais personne mourait de faim, jamais.
*[Couplet 2]*
J’me souviens des nuits blanches à refaire le monde sur un banc,
Des promesses faites à 3h du mat’ qu’on a tenues, blanc.
Des fous rires jusqu’à pleurer, des galères jusqu’à saigner,
Des "t’inquiète j’suis là" qui valaient tous les millions du monde, fier.
T’as vu mes chutes, mes erreurs, mes versions 0.1,
Et t’as choisi de rester, de m’aider à devenir version 1.
Pas de jugement, pas de masque, que du vrai, que du brut,
L’amour gravé dans le béton... pas écrit sur du sable qui fuit.
*[Couplet 3]*
Le temps passe, les routes divergent, chacun prend son chemin,
Toi t’as pris l’avion, moi j’ai pris les galères, mais on reste main dans la main.
La distance elle efface pas ce qu’on a gravé dans nos âmes,
Un vrai frère c’est pas celui qui vit près... c’est celui qui reste quand ça flambe.
J’ai voyagé, j’ai connu du monde, des visages, des masques,
Mais aucun cœur n’a brillé comme le vôtre, authentique, sans casque.
Vous êtes mes plus belles années, mes chapitres sans rature,
Mes "souviens-toi quand..." qui me donnent encore la niaque, la brûlure.
*[Couplet 4 - Final]*
Alors j’lève mon verre, même si j’suis loin, même si j’ai plus rien,
À vous mes guerriers, mes reines, mes rois sans couronne, mes liens.
Si demain je tombe, vous serez ma béquille, ma raison,
Si demain je brille, vous serez les premiers dans ma maison.
L’argent part, les gens mentent, les saisons change