L'Aventurier
J’suis pas né avec une carte au trésor dans la poche
Pas de boussole en or, pas de X qui marque l’spot
Juste un cœur qui tape trop fort quand tout le monde dit « reste »
Et des semelles usées qui refusent de s’asseoir sur les bancs d’attente
J’ai grandi entre les murs qui étouffent les rêves
Où les grands disaient : « petit, vise pas trop haut, ça casse le cou »
Mais moi j’entendais l’appel du vent dans les ruelles de Cotonou
Le bruit des vagues qui claquent comme des promesses pas tenues
L’aventurier, c’est pas celui qui gagne toujours
C’est celui qui part quand les autres ferment les volets
Celui qui ramasse ses morceaux après chaque chute
Et qui recolle les éclats avec de la sueur et des rires en coin
J’ai traversé des tempêtes qui portaient pas mon nom
Des nuits sans étoiles où la peur me chuchotait : « tourne-toi, rentre »
J’ai répondu avec les poings serrés sur le vide
Et j’ai marché, marché, jusqu’à ce que mes ampoules deviennent des médailles
Parce que l’aventure, c’est pas les photos Instagram bien filtrées
C’est les bleus qu’on cache, les « j’ai failli » qu’on avale
C’est le matin où tu te lèves encore, même si hier t’a mis KO
Et que tu dis au miroir : « aujourd’hui, on recommence, toi et moi »
J’suis l’aventurier de mes propres silences
Celui qui explore les recoins sombres de son crâne
Qui creuse dans la poitrine pour trouver du feu
Quand le monde entier hurle qu’il n’y a plus d’essence
Alors ouais, j’ai peur – tout le temps
Mais la peur, c’est juste le prix d’entrée pour le grand spectacle
Et moi j’ai payé cash, en larmes, en doutes, en nuits blanches
Pour pouvoir monter sur scène et crier : « Je suis là ! »
L’aventurier ne cherche pas la fin du chemin
Il cherche le prochain pas
Le prochain vertige
Le prochain « et si… » qui fait trembler les genoux
Alors écoute-moi bien, toi qui m’écoutes
Si t’as le feu qui gratte au fond du ventre
Si t’entends l’horizon qui t’appelle par ton prénom
Lève-toi.
Prends ton