Ils font du bruit pour exister,
Ils font du vent pour se gonfler,
Ils parlent fort pour oublier
Qu’ils n’ont jamais su respirer.
Ils ont des gestes pleins de rien,
Des certitudes sans lendemain,
Ils lèvent haut leurs petits poings
Sur des victoires qui n’en sont pas.
Ils disent “moi” comme on se cache,
Ils disent “tout” comme on s’arrache,
Un peu d’orgueil, un peu de place
Dans ce désert qu’ils embrassent.
Ils rient des autres pour tenir,
Ils les défont pour ne pas fuir
Ce vide immense à l’intérieur
Qui leur dévore même le cœur.
Et ça parade, et ça méprise !
Et ça murmure, et ça divise !
Ça se regarde, ça se déguise
En quelque chose qui n’existe pas !
Et ça bavarde, et ça condamne !
Et ça s’invente une âme !
Mais sous le vernis, sous le drame,
Il n’y a rien… rien que ça.
Ils ont fait des mots des couteaux,
Des vérités des oripeaux,
Ils piétinent ce qui est beau
Pour se sentir un peu plus hauts.
Mais plus ils montent, plus ils tombent,
Dans leurs regards déjà des tombes,
Ils marchent droits, pauvres fantômes,
Vers un néant qu’ils nomment “choix”.
Et moi je les vois…
Ces rois sans royaume…
Ces cris sans voix…
Ces hommes sans hommes…
Et ça parade, et ça méprise !
Et ça s’enfonce et ça s’enlise !
Ça se croit grand, ça s’idéalise
Mais ça ne tient même pas debout !
Et ça bavarde, et ça s’effondre !
Sans jamais vouloir répondre !
À cette question qui les ronge :
Qu’est-ce qu’il reste… au fond de vous ”
Du bruit…
Toujours du bruit…
Pour ne jamais entendre… le vide.