J’parle pas beaucoup…
Parce que quand j’ouvre la bouche,
C’est pas des mots qui sortent…
C’est des morceaux de moi.
J’ai appris tôt que la vie caresse pas,
Elle frappe… sans prévenir, sans pourquoi.
On m’a dit “sois fort”,
Mais personne m’a appris à réparer mes torts… ou mes blessures.
J’rigole avec les autres,
Mais c’est un rôle que j’joue,
Parce qu’au fond…
J’suis fatigué d’être moi.
Y’a des nuits où j’dors pas,
Pas à cause des rêves…
Mais à cause des souvenirs qui refusent de s’en aller.
Ils tournent, ils reviennent, ils m’encerclent.
J’ai voulu faire confiance…
Mais la confiance, ça m’a coûté cher.
Maintenant j’garde tout pour moi,
Même mes douleurs ont plus de voix.
J’regarde les gens heureux,
Comme si j’étais derrière une vitre…
Eux vivent, moi j’observe,
Eux respirent, moi j’essaie.
Et parfois j’me demande…
Si quelqu’un verrait la différence
Si j’disparaissais doucement,
Sans bruit… comme j’ai toujours vécu.
Mais j’suis encore là.
Peut-être par habitude,
Peut-être par espoir,
Ou juste parce que j’ai pas encore trouvé la sortie.
Alors j’avance…
Même cassé, même vide, même perdu.
Parce qu’au fond de moi,
Y’a une petite voix qui dit encore :
“Tiens… juste un peu plus.”