Surtout le courage et la persévérance.
Il est très difficile, compliqué, voire même dur de se voir évoluer seul, surtout lorsque l’on vient d’une famille où les parents ont tout tenté pour offrir un peu de joie à leurs enfants, mais sans y parvenir pleinement. Ce n’est pas par manque d’amour, ni par négligence. Non. C’est simplement parce que la vie, parfois, impose ses propres règles, sans tenir compte des efforts ni des sacrifices.
Aucun parent ne choisit la pauvreté. Personne ne se réveille un matin en décidant de vivre dans le manque, de voir ses enfants grandir avec des besoins non satisfaits, des rêves reportés, des envies étouffées. La pauvreté s’impose comme une saison dure et imprévisible, qui s’installe sans prévenir et qui refuse souvent de partir. Dans ces conditions, l’enfant grandit avec un regard différent sur le monde. Là où d’autres voient des opportunités, lui voit des obstacles. Là où certains avancent avec assurance, lui avance avec prudence, parfois même avec peur. Chaque pas devient un combat. Chaque réussite, aussi petite soit-elle, devient une victoire immense.
Il est difficile de rêver grand quand tout autour de soi rappelle la petitesse des moyens. Difficile de croire en un avenir brillant quand le présent est déjà une lutte quotidienne. Les vêtements qu’on porte, les écoles qu’on fréquente, les fréquentations qu’on a, tout semble rappeler d’où l’on vient, comme une chaîne invisible attachée aux pieds.
Et pourtant, c’est dans cette même difficulté que naît une force que beaucoup ne comprennent pas. Une détermination silencieuse. Une rage de réussir. Une envie de prouver que l’origine ne définit pas la destination. Celui qui vient de loin sait ce que signifie manquer. Il sait ce que signifie attendre. Il sait ce que signifie tomber et se relever sans aide. Et c’est justement cela qui forge en lui une solidité que rien ne peut facilement briser. Oui, il est difficile de se voir un jour au sommet quand on vient d’une famille pauvre.