Ok, micro check, un, deux. La prod tourne, l'ambiance est lourde, c'est parti. Yeah.
[Intro : Voix grave, écho, bruits de sirènes lointaines]
Yeah. 2-0-2-6. On est là. T'as demandé le mode rappeur ? Tu l'as. Pas de faux semblants, pas de comédie. Juste le son du bitume et le flow qui cogne. Écoute ça. Aïe.
[Couplet 1]
Moi, j'suis né là où la lumière a peur, où les ombres dansent sur les murs de la peur.
J'ai troqué mes cahiers pour les rimes, mes rêves pour les cimes,
Où l'on côtoie les étoiles avant que le vide nous abîme.
J'ai vu des frères tomber pour un bout de terrain, un regard, un malentendu,
Le cœur rempli de peine, l'âme vendue au diable, mais jamais déçue.
J'ai rappé sur les toits, sous la pluie, dans les halls d'immeubles,
Là où les mots résonnent comme des balles de fusil, là où les cœurs se meurent.
J'ai chanté la misère, la rage, l'espoir, la colère,
Tout ce qu'on garde pour soi, tout ce qu'on n'ose pas dire à voix haute, à son père, à sa mère.
J'ai vu des sourires faux cachant des larmes amères,
Des promesses brisées, des amitiés effacées par la lumière de l'argent et du pouvoir,
Et c'est tout ça qui me fait avancer, qui me fait écrire, qui me fait croire
Qu'un jour, peut-être, nos mots auront le pouvoir de changer l'histoire.
[Refrain]
C'est le mode rappeur, ouais, tu connais la recette.
Du son pour les tiens, du cœur à l'ouvrage, pas de facettes.
On parle de nos vies, de nos combats, de nos victoires et de nos défaites,
De ce qui nous fait vibrer, de ce qui nous blesse, de ce qui nous rend fiers et de ce qui nous inquiète.
C'est le mode rappeur, ouais, c'est la réalité sans filtre.
C'est pour tous ceux qui ont une voix et qui veulent l'utiliser.
[Couplet 2]
On nous traite de délinquants, de voyous, de racailles,
Mais qu'est-ce qu'ils savent de nos vies, de nos batailles ?
Ils nous jugent sur nos vêtements, notre accent, notre couleur de peau,
Mais c'est dans nos cœurs que se trouve la vraie richesse, pas dans les banques, pas dans les autos.