[Intro]
Ouais...
C'est pour tous ceux qui comptent les centimes avant la fin du mois,
Ceux dont le frigo fait écho,
Écoute un peu...
[Couplet]
Le réveil sonne trop tôt, le sommeil a le goût des dettes
On court après un train qui déraille avant la tempête
Ici, les fins de mois commencent dès le dix du mois
Où chaque facture impayée vient étouffer la voix
Le frigo est un décor, un théâtre de portes vides
Où le silence pèse lourd et creuse les ventres vides
On rafistole les baskets, on recoud les vestes usées
À force de porter des rêves qu'on nous a refusés
Les yeux fixés sur le sol pour pas voir la vitrine
Où s'étale le luxe que le salaire assassine
On t'parle d'égalité, de chance égale pour tous
Mais t'as l'vent de face quand t'as la boue sous les pouces
La pauvreté c'est pas un mot qu'on met dans les poèmes
C'est l'angoisse du loyer, c'est l'absence de bohème
C'est le daron qui se tait pour laisser manger les gnioles
C'est la dignité qu'on piétine sur les bancs de l'école
Mais malgré les galères, les factures et les sommations
On garde la tête haute, c'est toute notre ambition.