La rue, c'est pas un livre, c'est une école sans récré,
Où les sourires sont rares et les secrets bien gardés.
Sous les néons fatigués, on guette la moindre faille,
Le bitume nous a forgés, on a l'instinct de la bataille.
Ici, les rêves s'évaporent comme la fumée des pots d'échappement,
On apprend à lire les visages avant de lire les sentiments.
On n'attend pas que la chance frappe, on force la serrure,
Le destin est un mur, on y grave notre signature.
Pas de place pour les doutes quand le froid te mord les os,
On avance la tête haute, même chargés par le fardeau.
La dalle nous tient debout, la rage nous sert de boussole,
On veut décrocher les étoiles sans jamais quitter le sol.
C'est la loi du plus fort, mais surtout celle du plus vrai,
Dans ce labyrinthe de fer, on ne compte plus les regrets.