A. Le rôle du circuit de la récompense
Quand on tombe amoureux, il ne se passe pas seulement quelque chose au niveau des émotions : il se passe surtout quelque chose dans notre cerveau. L’état amoureux repose en grande partie sur l’activation du circuit de la récompense, un ensemble de zones cérébrales impliquées dans le plaisir et la motivation.
Ce circuit comprend notamment l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens. Ces zones communiquent entre elles grâce à des neurotransmetteurs, en particulier la dopamine. La dopamine, c’est une molécule qui joue un rôle essentiel dans la sensation de plaisir, mais aussi dans le fait de nous donner envie de reproduire un comportement.
Concrètement, quand on est avec la personne qu’on aime, le cerveau libère de la dopamine. Il associe donc cette personne à une sensation positive. Résultat : on a envie de la revoir, de lui parler, d’être avec elle. C’est un mécanisme d’apprentissage naturel.
Ce qui est intéressant, c’est que ce fonctionnement est très proche de celui des addictions. Par exemple, des drogues comme la cocaïne ou la nicotine agissent exactement sur ce circuit, en augmentant fortement la libération de dopamine. Cela crée une sensation de plaisir intense, qui pousse à recommencer.
Une étude menée en 2005 par la chercheuse Helen Fisher a montré, grâce à l’IRM, que lorsque des personnes amoureuses regardent la photo de leur partenaire, on observe une activation très forte de ces zones du cerveau, les mêmes que celles impliquées dans les addictions.
On observe donc que l’amour mobilise des mécanismes cérébraux très proches de ceux impliqués dans les addictions.
B. Une dépendance émotionnelle liée à la plasticité cérébrale
Mais ce n’est pas seulement une question de plaisir immédiat. L’amour va aussi modifier le cerveau sur le long terme, grâce à ce qu’on appelle la plasticité cérébrale.
La plasticité cérébrale, c’est la capacité du cerveau à créer et renforcer des connexions entre les neurones en fonctio