(Voix lente. Grave. Silence.)
Que c’est triste…
Oui…
Que c’est triste
De voir le monde brûler
Pendant que certains applaudissent les flammes.
Ils ont mis des siècles…
Des siècles à construire.
Des mains brisées.
Des dos courbés.
Des corps épuisés.
Tant de sueur…
Tant de larmes…
Tant de douleurs…
Pour bâtir des villes,
Tracer des routes,
Élever des empires…
Et aujourd’hui ?
Sans prévenir…
Ils veulent tout détruire.
(Pause)
Que c’est triste…
Nos ancêtres ont marché
Sur des terres qu’ils ne possédaient même pas.
Ils ont semé l’espoir
Dans des champs de souffrance.
Sous le soleil brûlant.
Sous les fouets.
Sous les chaînes.
Ils ont porté le poids du monde
Pendant que d’autres portaient des couronnes.
Et malgré ça…
Ils ont construit l’avenir.
Oui…
Avec leurs mains blessées,
Ils ont construit l’avenir.
Mais regarde-nous maintenant…
Des armes partout.
Des bombes partout.
Des cris partout.
L’Homme invente la mort
Plus vite qu’il n’invente la paix.
Ils fabriquent des missiles
Comme on fabrique des jouets.
Ils appuient sur des boutons
Et des familles disparaissent.
(Silence court)
Et après ça…
Ils parlent de civilisation ?
Que c’est triste…
Des coups de feu par-ci.
Des explosions par-là.
Des enfants qui pleurent
Sous des ciels en guerre.
Des mères qui prient
Devant des maisons réduites en poussière.
Et pendant que la Terre saigne…
Les puissants débattent autour d’une table
Comme si la vie humaine
N’était qu’un chiffre dans un journal.
On se moque des morts.
Chacun veut avoir raison.
Chacun veut dominer.
Chacun veut gagner.
Mais dites-moi…
Quand l’humanité perd son âme…
Qui gagne vraiment ?
(Pause longue)
Que c’est triste…
Trop d’innocents tombent.
Trop de haine déborde.
Trop de cœurs deviennent froids.
Les pleurs remplacent les chansons.
Les cris remplacent les prières.
Et le monde avance…
Comme un aveugle au bord du vide.
Moi…
Je regarde cette Terre fatiguée.
Cette Terre remplie de sang,
De colère,
De bruit,
Et de silence aussi…
Parce qu