[Intro]
[Verse 1]
Elle a sept ans, des pieds d’enfant dans des sandales de géant
Celles d’Adjo, sa grande sœur, partie y’a deux saisons des pluies
Ici on dit pas morte, on dit partie, comme si la mort c’était un voyage
Comme si elle pouvait r’venir avec l’harmattan dans ses bagages
Chaque matin, même rituel sous le manguier du village
Deux noix de cola posées sur la terre rouge, comme un hommage
Une pour elle, une pour l’absence, une pour le silence
Les autres jouent à la marelle, elle, elle joue à l’espérance
« Viens Fifamey! » qu’ils crient, elle secoue la tête, doucement
« J’peux pas, j’attends », qu’elle répond, les yeux dans le vent
Elle attend quoi? Qu’les sandales lui aillent enfin
Adjo avait promis : « Quand elles t’iront, j’reviens »
[Bridge]
Sous le manguier, le vent raconte des voyages commencés et des retours imaginés
la poussière chante les pas qui ne prennent pas encore la route
et l’espoir grandit, petit à petit, comme une graine dans la terre rouge
[Chorus]
Attends, Fifamey, attends que le vent dépose une promesse
Attends, Fifamey, que les sandales brillent d’elles-mêmes
Attends, Fifamey, la distance n’a pas pris ton nom
Adjo reviendra, quand les chemins se feront plus clairs
[Verse 2]
Les jours se glissent entre les mains qui retiennent et celles qui laissent partir
La cour ne rit plus comme avant, elle écoute le souffle des jours qui passent
Mais chaque matin, elle revient au manguier avec ses pierres d’espoir
Et la mémoire d’Adjo danse dans l’air chaud, près des feuilles
[Bridge]
Le village retient son souffle, prêt à croire en un ramèner qui n’en finit pas
Les sandales, championnes de patience, attendent le jour qui les appelle
Et Fifamey, debout, grandit avec le poids doux de l’absence
[Chorus]
Attends, Fifamey, attends que le vent dépose une promesse
Attends, Fifamey, que les sandales brillent d’elles-mêmes
Attends, Fifamey, la distance n’a pas pris ton nom
Adjo reviendra, quand les chemins se feront plus clairs
[Outro]
Le manguier garde le secret des deux saisons sans soleil et le parfum des retrouvailles
Quand elles reviendront, le village saura que la vie porte des histoires comme des amuletters