[Intro]
Dans le royaume où la faim effraye les pierres, les horloges pleurent et retiennent leur souffle.
[Verse 1]
Sur le trône s’assoit un lion endormi, la peau d’or, le cœur de cire; il parle en rugissements qui glacent les rues. Des marchands de vent étouffent les marchés, et la plaine se plie sous le poids des promesses cassées. Les citoyens, égarés, portent des chaînes qui brillent sous le soleil trompeur.
[Chorus]
Les ombres se lèvent, les murs se souviennent;
Les murs se souviennent et crient: assez!
Ce royaume qui crie en silence est une serrure sans clé;
Nous frissonnons, mais nous ne plions pas.
[Verse 2]
Les soifs de pouvoir font naître des fantômes qui marchent à nos côtés; ils racontent les mêmes récits, peintres d’illusions, revenants des palais dorés. La famine gronde comme un loup dans la ruelle, et les toits fuient la pluie de pain manquant. On serre les guenilles autour des rêves, en attendant l’aube qui refuse d’arriver.
[Pre-Chorus]
Écoutons les voix des murs: ils se plaignent, ils avertissent, ils résistent.
[Chorus]
Les ombres se lèvent, les murs se souviennent;
Les murs se souviennent et crient: assez!
Ce royaume qui crie en silence est une serrure sans clé;
Nous frissonnons, mais nous ne plions pas.
[Bridge]
Une bête dort sur le trône, mais son rêve est sang; le rugissement s’éteint quand la lumière vacille. Des historiens murmurent, des voyants dénombrent les cicatrices, et les vieilles légendes se lèvent pour rappeler l’équité.
[Verse 3]
Les rues chantent une chanson qui connaît chaque nom des oppresseurs: celui qui parle de justice et celui qui paie le prix. Les bouches se font échos, les mains se prennent; la houle des mémoires pousse la poussière et réveille les colères endormies.
[Chorus]
Les ombres se lèvent, les murs se souviennent;
Les murs se souviennent et crient: assez!
Ce royaume qui crie en silence est une serrure sans clé;
Nous frissonnons, mais nous ne plions pas.
[Outro]
Quand le fantôme du passé franchit le seuil, il dépose les chaînes sur le seuil du jour: la justice ne dort plus; elle réclame sa place, et la lune devient le témoin de notre reprise.