J’ai vu le soleil de fez
S’éteindre un matin d’automne
À 23 ans, une valise en planque
Et la Belgique qui me donne ses tours, ses nuits si longues
J’croyais que travailler c’était juste un métier
Mais la vie m’a dit « non, tu vas tout donner »
Des chantiers sans nom, des patrons fantômes
Des heures à la sueur, des paies qui se font rares comme les fantômes
J’ai serré des mains qui puaient la haine
J’ai croisé des cœurs en plastique, des âmes pas saines
Mais j’ai tenu, seul comme un mur face à la mer
Même quand tout m’disait « rentre chez toi, étranger »
Aujourd’hui j’reprends à zéro, les poches vides mais l’dos droit
Parce que j’ai connu le pire, et que j’suis toujours là
Y’a eu des bons, des vrais, rares comme l’eau dans le désert
Qui m’ont tendu un café quand tout était noir, amère
Mais les autres, ceux qui m’ont traîné dans leur boue
Qui voyaient mon accent comme une insulte debout
Le racisme à la petite semaine, au coin d’un regard
« Rentré chez toi, non pas d’ta faute, c’est juste que t’es pas dans l’cahier »
J’ai serré des mains qui puaient la haine
J’ai croisé des cœurs en plastique, des âmes pas saines
Mais j’ai tenu, seul comme un mur face à la mer
Même quand tout m’disait « rentre chez toi, étranger »
Aujourd’hui j’reprends à zéro, les poches vides mais l’dos droit
Parce que j’ai connu le pire, et que j’suis toujours là
Zéro boulot, zéro repère, zéro amour à porter
Mais zéro dette envers ceux qui m’ont fait douter
Toute ma vie tient dans une chambre vide et froide
Mais dans ma tête y’a tout un Maroc qui se promène en royale
J’ai galéré pour apprendre qu’on naît seul, qu’on meurt seul
Mais qu’entre les deux, on peut choisir son propre seuil
Alors j’avance, pas vite, pas fort
, jamais vraiment morts
Maroc dans les veines, Belgique dans les pas
Recommencer, c’est pas mourir, c’est une autre étape
Seul, mais pas cassé.
Zéro, mais pas vide.