Mon passé ne me quitte pas. Il me colle à la peau comme une faute qu’aucun pardon ne semble pouvoir effacer. Il est fait de silences lourds, de regards fuyants, de douleurs que je n’ai jamais su nommer. J’y traîne la honte comme un fardeau invisible, mais si pesant qu’il plie mon âme à chaque souvenir.
Il y a des nuits où tout remonte. Les erreurs, les blessures, les moments où j’aurais voulu disparaître plutôt que d’affronter ce que j’étais devenu. La souffrance ne criait pas toujours ; parfois, elle murmurait, lentement, jusqu’à s’ancrer profondément en moi. Et aujourd’hui encore, elle parle.
Je ne peux pas réécrire ce passé. Il est là, gravé, imparfait, douloureux. Mais je le porte, malgré tout. Non pas comme une gloire, mais comme une cicatrice vivante. Parce qu’au fond, même dans la honte et la souffrance, il reste une preuve : j’ai survécu.