J’ai parlé au ciel, j’ai reçu qu’du silence en retour
Comme un message laissé en vu depuis la nuit des jours
J’empile les galères, j’fais crédit sur mes détours
La vie m’a mis en pièces, j’recouds mes rêves à rebours
J’ai la foi cabossée, le cœur fissuré sous la veste
Des promesses en vitrine mais la douleur reste honnête
On m’a dit “Dieu agit”, j’vois qu’le décor qui s’endette
Entre espoir et réel y’a un fossé qu’on maquille en “test”
J’traîne avec mes pourquoi comme des dettes non payées
Chaque prière monte mais redescend sans loyer
J’ai voulu croire au plan, mais le plan m’a broyé
Et même mes “Alléluia” sonnent comme des mots recyclés
J’ai vu la nuit manger des destinées pleines de feu
Des gars droits devenir froids faute de signes des cieux
On nous vend la lumière mais j’vis sous néons douteux
Et j’fais semblant d’aller bien pour pas alerter les pieux
J’suis en guerre interne, pas celle qu’ils prêchent le dimanche
Moi j’parle de ces combats où même ton âme flanche
Où t’as plus d’énergie pour lever les mains franches
Mais t’as trop de respect pour dire à Dieu : “j’décroche, j’me débranche”
J’ai appris à sourire avec la rage en coulisses
À faire genre tout va bien pendant qu’ma paix glisse
À parler d’espérance avec des yeux complices
Alors qu’au fond j’suis vide, j’compte mes pertes comme un business
Et ouais, faut qu’on soit vrais, pas des vitrines de foi
Y’a des jours où t’y crois juste parce que t’as pas l’choix
Pas parce que t’as des preuves, ni des signes, ni des lois
Mais parce que sans ça frère… tu deviens quoi ?
Le silence me parle plus que mille prédications
C’est là que j’ai capté l’poids de la position
Croire sans validation, sans manifestation
C’est plus une émotion, c’est une décision
J’ai voulu des réponses, j’ai récolté des saisons
Des attentes longues comme des nuits sans horizon
Mais si Dieu répondait à chaque fois sans condition
On aurait une foi basée sur la consommation
Donc j’avance en boitant mais j’avance quand même
J’ai plus la foi naïve,