(Couplet 1)
À Kilindini sous les baobabs noirs
La mer chantait des secrets dans le soir
Les anciens parlaient quand mourait la lumière
D’un nom maudit soufflé par les prières
Ils disaient tous : « Méfiez-vous des mirages
Des beaux visages cachant les ravages »
Mais les enfants riaient du vieux destin
Comme Zahra au regard de jasmin
(Pré-refrain)
Elle dansait comme un feu sur la plage
Le cœur rempli d’orgueil et de rage
Aucun homme n’était assez grand
Pour mériter son sourire éclatant
(Refrain)
Oh Maliki, prince de l’ombre
Ton amour sentait la tombe
Sous la lune sans étoiles
Tu cachais ton vrai visage
Oh Maliki, bouche de nuit
Tu dévores les rêves et les vies
Et Zahra pleure encore parfois
Quand le vent traverse les falaises froides
(Couplet 2)
Mame Sangaré voyait dans le vent
Des signes anciens portés par l’océan
« Méfie-toi des hommes trop parfaits
Le diable aime porter la beauté »
Puis vint la fête de la Grande Lune
Les tambours brûlaient jusque dans les dunes
Et dans la foule vêtu de pourpre et d’or
Salim semblait plus beau que la mort
Il marchait sans laisser d’empreinte
Comme un esprit fuyant les étreintes
Mais Zahra prit le collier noir
Sans écouter les cris du savoir
(Pré-refrain)
Chaque nuit les chiens hurlaient très loin
Les lanternes tremblaient dans les jardins
Mais elle rêvait de palais d’argent
Et d’un royaume loin des vivants
(Refrain)
Oh Maliki, prince de l’ombre
Ton amour sentait la tombe
Sous la lune sans étoiles
Tu cachais ton vrai visage
Oh Maliki, bouche de nuit
Tu dévores les rêves et les vies
Et Zahra pleure encore parfois
Quand le vent traverse les falaises froides
(Pont)
Dans la demeure au sommet des pierres
Le silence rampait comme l’hiver
Aucun miroir dans les couloirs noirs
Seulement l’écho du désespoir
Puis le masque s’est brisé lentement
Sa peau tombait comme un vêtement
Deux yeux noirs plus profonds que la mer
Et des dents blanches comme des éclairs
— « Tu as aimé le masque, Zahra…
Maintenant la bête vivra de toi… »