On m'avait dit que l'amour était un refuge, mais avec toi, c'est devenu un naufrage. J'ai passé tellement de temps à essayer de lire entre les lignes de tes silences, à construire des ponts là où tu creusais des fossés. Tu étais ma mélodie préférée, celle qui rythmait mes journées, mais aujourd'hui tu n'es plus qu'une fausse note qui résonne dans le vide de ma chambre. C'est un poison lent de réaliser que j'ai soigné tes blessures avec ma propre chair, pour qu'au final, une fois guéri, tu utilises tes forces pour m'en infliger de plus profondes.
Le temps guérit tout, disent les sages, mais ils oublient de dire que le temps prend tout son temps quand on souffre, alors que mon cœur, lui, est dans l'urgence absolue d'oublier. J'ai épuisé mes larmes à essayer de comprendre l'incompréhensible, à chercher de la lumière dans tes yeux qui s'étaient déjà éteints pour moi. Aujourd'hui, je marche avec ce poids sur la poitrine, cette douleur sourde que j'appelle par ton nom, en attendant le jour où je pourrai enfin respirer sans que l'air n'ait le goût de ton absence."