*[Intro - Piano triste + souffle]*
Il m’a donné la vie... mais jamais sa voix...
Aujourd’hui je rends le badge... et je prends ma route...
*[Couplet 1 - Rap posé, images nouvelles]*
Chaque matin je traverse la cour, tête baissée, dossier sous le bras,
Pas employé... fils fantôme dans l’usine de son coma.
Il signe mes feuilles, jamais mes rêves, jamais mon prénom,
Pour lui je suis un matricule... pas une chair de son sang.
Ses mots sont des factures : secs, froids, payés comptant,
Aucune remise pour le gosse qu’il a porté 9 mois avant.
Quand il rabaisse maman, mon silence devient volcan,
Je ravale ma rage... mais mon cœur fait des volcans.
*[Refrain - Chanté, voix qui tremble]*
Dans l’ombre de son nom... je me suis perdu,
J’ai bâti sa fortune... en oubliant ma vertu.
Travailler pour mon père... c’est porter une croix trop lourde,
Chaque "fais mieux" me tue... chaque silence m’assourdit.
Alors je pars... je m’éloigne de son empire de glace,
Le cœur brisé... mais la tête haute... pour retrouver ma place.
*[Couplet 2 - Rap profond, nouvelle angle]*
Il m’a appris la ponctualité, pas la tendresse,
La discipline du chiffre, pas la chaleur d’une caresse.
J’ai encaissé les audits, les humiliations en plein open space,
Tout ça pour un "bravo" qui n’a jamais trouvé sa place.
Le pire c’est pas son mépris... c’est ses larmes à elle,
Ma mère, debout dans la cuisine, qui essuie ses peines sans vaisselle.
Ce jour-là j’ai compris : rester c’est être complice,
Partir c’est pas fuir... c’est choisir la justice.
*[Pont - Voix parlée, lettre]*
Papa, je te respecte pour la vie que tu m’as donnée,
Je respecte la sueur, les nuits blanches, tout ce que t’as bâti.
Mais je respecte aussi l’enfant en moi qui a trop attendu,
Alors je m’en vais... pas pour te punir... pour me rendre à moi.
Je quitte tes murs, ton bureau, ton ombre qui étouffe,
Pour apprendre à respirer.......oh oh ah