je suis incapable de ressentir l’amour,
c’est de ma faute.
Je m’étais promis de ne plus jamais pleurer,
de toute ma vie.
C’était sincère.
Je m’étais promis
de ne plus jamais aimer.
La colère, la joie, la tristesse, la peur…
je voulais dompter toutes ces émotions.
Mais il y en a une
que je n’ai jamais pu contrôler :
la peur.
Moi, je n’ai que deux faiblesses.
La première, c’est Myriam.
La deuxième, c’est Raph.
La promesse que j’avais faite,
c’était de ne plus parler de mes sentiments,
ni à elle,
ni aux autres,
ni à personne.
Je veux la tenir.
Mais oublier, effacer…
c’est impossible.
Je ne sais pas s’il existe une prière capable de ça.
Je n’en suis pas sûr.
Je sais que vous m’avez mis dans vos prières.
Et si c’est le cas…
alors c’est peut-être une cause perdue.
Il n’y a rien de plus grand que la prière.
Je ne dis pas qu’elle n’est pas puissante.
Mais je préfère avancer
avec ces sentiments devant moi.
Oui, j’ai été faible.
Quand je revenais dans mon quartier,
je n’étais plus ce garçon faible.
C’était pareil avec tout le monde.
Mais elle…
c’est la seule
qui peut me faire tomber.
Et si un jour je venais à perdre la tête,
je suis sûr d’une chose :
il n’y a qu’une seule personne
qui peut m’arrêter.
C’est elle.
Alors je garde ça.
Je ne sais pas pourquoi,
mais peut-être que ça me sauvera un jour.
Myriam, c’est encore un bébé.
Elle est loin de me comprendre vraiment.
Moi, j’avais renoncé à beaucoup de choses,
mentalement, physiquement.
Pour dire vrai,
il n’y a que deux choses
qui me relient encore à ce monde :
Myriam et Raphaëlle.
Si on enlève ces deux personnes,
et qu’on me donne l’occasion de tout détruire…
je le ferai,
sans hésiter.