Quand j’étais enfant,
j’ai appris le silence avant les mots.
Pas le silence calme,
pas celui qui repose.
Le silence froid.
Celui qui te laisse debout
au milieu du monde
sans jamais vraiment te voir.
Il y avait du bruit partout.
Des rires, des voix, des pas.
Et moi…
j’étais là.
J’ai grandi avec cette sensation étrange,
comme si mon nom
ne pesait rien dans l’air.
Comme si j’étais présent,
mais absent pour les autres.
Le rejet ne crie pas toujours.
Parfois il passe devant toi
sans même ralentir.
Et la solitude…
la solitude finit par parler pour toi.
Il y a eu des jours
où je me demandais
si j’étais assez.
Assez fort.
Assez vrai.
Assez vivant.
Et puis un jour,
dans ce silence que je connaissais trop bien,
j’ai commencé à chercher.
Pas les autres.
Moi.
J’ai regardé mes blessures.
J’ai regardé mes nuits.
J’ai regardé ce vide
que je portais depuis longtemps.
Et j’ai compris quelque chose.
Le lotus
ne pousse pas dans l’eau claire.
Il naît dans la boue.
Dans l’ombre.
Dans ce qu’on cache.
Dans ce qu’on voudrait oublier.
Et pourtant…
il fleurit.
Alors j’ai compris
que mon histoire n’était pas une fin.
Que tout ce rejet,
toute cette solitude,
toutes ces nuits à douter…
n’étaient pas là pour me casser.
Elles étaient là
pour me construire.
C’est là que tout a changé.
J’ai pris ce que j’avais vécu.
J’ai pris mes cicatrices.
J’ai pris mon silence.
Et j’en ai fait quelque chose.
Pas juste des vêtements.
Une voix.
Une réponse.
Une renaissance.
Bloom.
Parce qu’on peut tomber bas
et quand même grandir.
Parce qu’on peut traverser la boue
sans perdre sa lumière.
Parce qu’on peut être laissé seul
et apprendre malgré tout
à se choisir.
On m’a rejeté.
On m’a laissé dans l’ombre.
Mais ce qu’ils prenaient pour une fin
n’était qu’un commencement.
Aujourd’hui, je marche autrement.
Pas pour être vu.
Pas pour prouver.
Mais parce que maintenant
je sais d’où je viens.
Et surtout…
je sais ce que je suis devenu.
J’ai fleuri
là où personne
ne m’attendait.