Couplet 1 : Le Grimoire des Tanneurs
L'insomnie en guise de prière, j'ai les yeux qui brûlent les heures,
L'intuition me guide au quartier, là où s'arrêtent les cœurs.
La porte est béante, comme une plaie qu'on n'a jamais recousue,
Jonas est là, penché sur le bois, le visage à demi-perdu.
Sur la table : des coquillages, du cuir et des flacons de verre,
C'est pas une cave, c'est un temple où on enterre nos colères.
Je pose le collier, l'offrande pour briser l'amnésie,
Il murmure : « T'es revenue », comme si le destin l'avait choisi.
Il ouvre le carnet, chaque page est une balafre, un symbole,
Des fragments de nos vies qui s'envolent comme des paraboles.
Un rituel ancien, trois bouteilles pour sceller le verdict,
Passé, présent, futur... dans ce silence qui nous rend accros et addicts.
Couplet 2 : L'Éveil du Vin et du Vide
Première bouteille : parfum de nostalgie, douceur fruitée,
À celle qui m'a appris que le silence peut être une vérité.
La deuxième claque, corsée comme une promesse qu'on a tenue,
À celui qui m'a appris que l'amour ne se crie pas dans la rue.
On boit nos regrets, on déguste nos absences à la source,
Le temps s'est arrêté de courir sa foutue course.
Puis la troisième arrive, gravée à vif, sans étiquette, sans fard,
Le dernier acte du drame, la pièce maîtresse de notre histoire.
Je l'ouvre et le verre est vide, mais le sens est à l'intérieur :
Un coquillage, un mot, « Encore »... qui résonne comme un moteur.
Je ferme les paupières, le rituel a enfin brûlé les doutes,
L'amour n'était pas mort, il attendait juste qu'on reprenne la route.