J’ai connu le regret, bien mis, presque charmant
Qui disait “pas si vite”… d’un air rassurant
Il fermait les chemins sans jamais faire de bruit
Et je disais “plus tard”… et les jours ont suivi
Il parlait de raison, de prudence, de temps
Comme on parle à quelqu’un qu’on aime doucement
Et j’ai cru qu’attendre était presque un choix
On devient raisonnable… sans savoir pourquoi
[Refrain]
Ah le regret, monsieur, c’est un drôle d’ami
Il s’assoit près de vous… sans déranger la vie
Il ne presse jamais, il attend simplement
Que l’on dise “demain”… tranquillement
[Couplet 2]
J’ai remis à demain deux ou trois petits riens
Un appel, un regard… des gestes qui font du bien
On ne perd pas grand-chose, juste un peu chaque jour
Quelques mots importants… qu’on garde pour toujours
Et je riais, oui, d’un rire un peu choisi
Celui qu’on a quand tout semble aller aussi
Mais derrière ce sourire facile, ordinaire
Y avait comme un silence… qu’on préfère taire
[Refrain]
Ah le regret, monsieur, ne parle jamais fort
Il dit “c’est pas grave”… et l’on est d’accord
Il parle d’équilibre, de peur, de raison
Et change doucement… notre direction
[Pont – léger sourire]
Ce n’est pas qu’on se trompe… c’est plus simple parfois
On attend le bon moment… qui ne vient pas
On préfère le calme, le sûr, le connu
C’est plus doux pour le cœur… c’est déjà beaucoup
[Couplet 3]
Puis un matin tranquille, en regardant derrière
On retrouve des choses laissées en lumière
Et l’on dit “j’aurais pu”… presque en souriant
Comme on parle d’un rêve… qu’on garde en présent
On devient un peu fort pour se raconter
Les chemins qu’on n’a pas tout à fait essayés
Et l’on vit avec ça, sans trop faire de bruit
Avec ces petits “presque”… qui font la vie
[Refrain final – tendre]
Ah le regret, monsieur, c’est un vieil habitué
Qui marche à vos côtés sans jamais presser
Il ne juge jamais — il sait bien pourquoi
On laisse parfois passer… ce qui compte pour soi