Sous l’ombre vaste du baobab ancien,
Deux frères d’âme jurèrent le même destin.
L’un portait la flamme, l’autre la clé,
Ensemble, ils rêvaient d’un peuple libéré.
Mais voici que le vent des palais murmure,
Des loups vêtus de miel rôdent dans l’azur.
Ils soufflent des mots doux, des promesses d’or,
Pour séparer les cœurs que liait le même sort.
Ô Bassirou, fils du pacte et du serment,
Souviens-toi du chemin, souviens-toi du sang.
Le pouvoir est un feu qui brûle les mains,
Si l’on oublie d’où vient le pain du matin.
Regarde ton frère — non dans le tumulte,
Mais dans la lumière de vos luttes.
C’est son courage qui t’a ouvert la voie,
Son peuple est aussi le tien, n’oublie pas la foi.
Les loups passent, la vérité demeure,
Les trônes chancellent, mais l’amitié demeure.
Reviens à la source, là où chante le fleuve,
Avant que la gloire ne devienne épreuve.
Car le Sénégal n’a pas besoin de rois,
Mais d’hommes droits, unis sous la même loi.
Et si ton cœur se souvient du serment premier,
Alors le baobab refleurira, de paix et de santé