Hahahavagolo c'est la voix du ghetto elyse et Clément el clemos
Tu est fort fort fort
J’me rappelle l’odeur du risque, l’écran qui clignote vert
Moi, le chef du gang, et Clément mon frère de fer
On croyait tenir le ciel avec Aviator dans les mains
Le petit avion montait, nos cœurs montaient avec lui, soudain...
Crash.
Tout est parti. 2h du matin, poches vides, ventre vide
Le téléphone chaud, nos rêves froids, la honte en liquide
On s’est regardés, pas un mot, juste la rage dans les yeux
Le jeu nous a vidés, alors on a vidé nos adieux
On a claqué la porte. La maison c’était trop petit
Dehors le goudron brûlait, mais au moins il mentait pas lui
Rue par rue, on a appris à lire les regards, les dangers
Moi j’ai pris les coups pour tous, c’est comme ça qu’ils m’ont nommé
Le chef du ghetto. Pas un titre, une cicatrice
Chaque décision c’est une lame, chaque frère une justice
Clément lui, il parlait pas beaucoup après la chute
Il ramassait les bouts de tôles, les clous, les chutes
Un jour il a pris un pinceau au lieu d’un couteau
Il a mis du bleu sur un mur gris, et le quartier est devenu beau
Aujourd’hui Clément est peintre. Il repeint nos misères
Ses fresques sur Dantokpa racontent l’histoire des frères
Il signe pas "Clément", il signe "Enfant du crash"
Parce qu’il faut tomber pour savoir ce qui se cache
Moi j’suis resté dans la rue, mais la rue m’obéit
Je règle les embrouilles, je nourris les petits
Je n’ai pas choisi ce trône, c’est le trône qui m’a choisi
Quand t’as le cœur en bouclier, les balles te choisissent
Ma mère, elle, se lève à 4h. Son feu ne s’éteint jamais
Ma mère vend du bouillir au carrefour, sous le manguier
Son sourire vaut tout l’or qu’Aviator nous a volé
Chaque bol qu’elle sert, c’est une prière déguisée
Elle dit "mon fils le chef, n’oublie pas d’où tu manges"
Alors je protège sa marmite comme on protège un ange
La mère de Clément est au village. Elle pile, elle prie
Elle a pa