On fait les grands dans la cour, rêves en papier qu'on plie,
Poches vides, mains tremblantes, mais des étoiles dans la mie,
Je trace ma route au craie sur un trottoir en carton,
Ils disent "reste là", moi j'pousse la porte, j'pars sans pardon.
Maman me file un sourire, je le serre comme un doudou,
Mes chaussures ont des trous, mes pas tapent un refrain fou,
On compte nos victoires en cailloux, on apprend à voler,
Un jour ils diront mon nom — petit aujourd'hui, quelqu'un demain, assuré.
Dans les rues sans lumière, ils grandissent sans repères,
Petits soldats du bitume, regard dur, cœur en guerre,
Pas d’école, juste la faim qui leur dicte la loi,
Ils apprennent trop tôt ce que la vie cache à toi.
Entre espoir et survie, ils avancent sans filet,
Chaque nuit est un combat, chaque jour un défi muet,
Leur innocence s’efface sous le poids du réel,
Mais dans leurs yeux fatigués, y’a encore une étincelle.