J’suis dans ma tête comme dans un couloir sans fin,
chaque pensée revient, me serre la main.
J’me parle tout bas mais j’m’écoute même plus,
y’a trop de bruit dedans, j’sais plus c’que j’ai cru.
J’regarde le plafond comme si ça répondait,
mais même le silence finit par me juger.
J’ai des questions qui dorment jamais,
et des réponses qui veulent pas exister.
J’avance mais j’suis toujours en retard sur moi-même,
comme si ma vie suivait pas le même thème.
J’fais semblant d’être là, d’être solide,
mais j’suis qu’un esprit fatigué dans le vide.
Y’a des souvenirs qui tapent sans prévenir,
ils savent exactement où venir me salir.
Et j’les laisse faire, j’ai plus la force de lutter,
j’ai trop essayé d’oublier sans réussir à quitter.
J’compte les heures comme on compte les absents,
tout est flou même quand c’est évident.
J’souris dehors mais dedans ça s’écroule,
comme une ville vide sous la pluie qui roule.
Et la nuit me connaît trop bien, elle insiste,
elle sait que j’suis seul même quand j’existe.
Alors j’gamberge encore, jusqu’à m’oublier,
dans des pensées qui savent pas s’arrêter