Écouter ceci mes frères
Refrain :
J'viens du pays où le soleil tape mais l’espoir s’éteint,
Où la jeunesse rêve grand mais mange à sa faim,
Cameroun, terre de lions, mais tes enfants ont peur,
On grandit dans le manque, on vieillit dans la douleur.
On nous dit "attendez", mais l’avenir recule,
On veut vivre debout, pas crever sous les calculs.
1 :
J’écris pour mes frères du quartier Biyem-Assi,
Pour ceux de New-Bell qui comptent les jours sans répit.
Diplômes dans le tiroir, chômeur avec mention,
Master 2 en poche, mais c’est le bendskin l’option.
On nous a vendu le rêve : "l’école c’est la clé",
Mais la porte est rouillée, l’État a perdu la clé.
À Yaoundé on étouffe, à Douala on se noie,
Entre le loyer qui grimpe et le salaire qui n’existe pas.
Les petits deviennent grands trop vite, l’innocence s’achète,
À 15 ans déjà ils connaissent le goût de la défaite.
Visa ou cercueil, c’est ça les deux seules issues,
La Méditerranée réclame nos corps perdus.
2 :
J’parle pour mes sœurs qu’on marie à 16 piges,
Pour celles qu’on harcèle dans les taxis de ville.
Pour le gars qui vend le crédit au carrefour Nlongkak,
Rêve d’être ingénieur mais la vie lui met des claques.
L’hôpital c’est la roulette, t’as pas l’argent tu meurs,
Pharmacie du trottoir, le paracétamol c’est leur docteur.
On danse au rythme du makossa pour oublier la faim,
Mais quand la musique s’arrête, la réalité revient.
Corruption en costume, la jeunesse en haillons,
Ils construisent des stades mais détruisent l’éducation.
On nous dit "patriotes", mais le pays nous trahit,
Comment aimer une mère qui affame ses petits ?
*Couplet 3 :*
Mais j’refuse qu’on dise que ma génération est perdue,
Sous la cendre y’a des braises, sous les pleurs y’a des vertus.
Regarde le gars de Mendong qui code sans ordi,
La fille d’Odza qui monte son commerce avec trois oui.