Mon fils, mon adolescence,
Mon apprenti, mon avenir,
Toi qui commences où je commence
À ne plus très bien souvenir.
Tu as l'âge où l'on se sépare,
Où l'on s'éloigne de la maison,
Où l'on s'embarque sur la gare
Pour de lointains et grands horizons.
Je ne te dirai pas : « Je t'aime »,
Les hommes ne de disent pas ça.
Mais tout de même, mais tout de même,
Le cœur y est, tu le sauras.
Va ton chemin, la vie est belle,
Même si elle est parfois cruelle.
Ne pleure pas sur tes amours,
On aime un jour, on aime toujours.
Ne crois pas tout ce qu'on te raconte,
Les hommes ne sont pas si méchants.
Il y a des moments de honte,
Mais il y a des moments si grands.
Sois fier, sois digne, sois un homme,
Ne courbe jamais le genou.
Nous ne sommes pas grand-chose en somme,
Mais le peu qu'on est, c'est à nous.
Si tu as de la peine, écris-moi.
Si tu as de la joie, écris-moi.
La maison est grande, tu sais,
Et ta chambre est restée la même.
Il y a toujours ton vieux lit de bois,
Tes livres et ton chemin de fer.
Et si jamais tu as froid,
Reviens t'asseoir auprès du feu.
Mon fils, mon adolescence,
Mon apprenti, mon avenir,
Toi qui commences où je commence
À ne plus très bien souvenir.
Va ton chemin, la vie est belle,
Même si elle est parfois cruelle.
Ne pleure pas sur tes amours,
On aime un jour, on aime toujours.