Le café fume encore sur le bord du piano
La ville s'éveille à peine, tout en nuances de gris
J'ai laissé la fenêtre ouverte sur le chaos
Pour écouter le vent qui n'a jamais d'avis.
On a passé des plombes à compter les retours
À miser sur le ciel pour que l'orage s'en aille
Mais j'ai brûlé les cartes et les comptes à rebours
Pour sortir enfin du cœur de la bataille.
Et marcher là, juste pour le goût du vent
Ouvrir les bras, sans regarder devant
Aimer l'instant parce qu'il ne dure pas
Sans que personne ne guide mes pas.
Vivre enfin, sans rien attendre
Laisser la poussière doucement redescendre.
On s'était dit "plus tard", on s'était dit "demain"
On a chargé nos vies de promesses en plastique
Mais le bonheur s'échappe quand on serre les mains
Il préfère la dérive à la fin logique.
Je n'espère plus la pluie, je n'espère plus le beau
Je prends ce qui arrive comme on prend un cadeau
Sans l'étiquette "merci", sans le poids du contrat
Le monde est plus léger quand on ne l'espère pas.
Et marcher là, juste pour le goût du vent
Ouvrir les bras, sans regarder devant
Aimer l'instant parce qu'il ne dure pas
Sans que personne ne guide mes pas.
Vivre enfin, sans rien attendre
Laisser la poussière doucement redescendre.
C’est pas du renoncement, c’est pas de l’abandon
C’est juste poser les armes et s’offrir le pardon
Ne plus être l’esclave d’un hypothétique sort
Et trouver dans le vide le plus beau des décors.
Sans rien attendre...
Ni le soleil, ni l'ombre.
Sans rien attendre...
Juste le battement du monde.
Sans rien attendre.