Sous le soleil de fer, là où la terre est de pourpre et d’ocre
S’élèvent les ombres d'ébène, celles que l'histoire ne troque.
Elles n’ont pas choisi la soie, elles ont épousé le glaive
L’appel du tambour résonne, réveille le courage qui s'élève.
On les appelle les Minon, mères de notre fierté
L’élite du roi, le rempart d’une nation tourmentée.
Pas de place pour la peur quand le front touche la poussière
Elles sont les filles du tonnerre, les gardiennes de la frontière.
Écoute le souffle du vent dans les hautes herbes de la savane
C’est le chant des braves qui refusent qu'on les condamne.
Mariées au royaume, le cœur scellé par un pacte de sang
Elles ont troqué la dot contre un fusil, un destin foudroyant.
À travers les ronces, les corps sont sculptés par la douleur
Mais sous la peau de panthère bat un organe sans aucune peur.
Elles ne reculent jamais, face au canon ou à la trahison
Leur cri de guerre déchire le ciel, impose la déraison.
Regarde-les marcher, l'œil d'aigle et le port de reine
Chaque cicatrice est un verset, chaque blessure une graine.
Elles ont écrit la légende avec le tranchant de la machette
Pendant que l’oppresseur tremblait devant la silhouette.
D’Abomey aux rives lointaines, leur nom est un avertissement
On ne dompte pas le feu, on ne brise pas ce tempérament.
Héritières du trône, flammes qui ne s'éteignent jamais
Le Bénin porte leur ADN, cette force que rien ne soumet.