On a marché longtemps sous des jours incertains,
À porter nos silences comme on porte un destin,
On croyait que le temps respecterait nos pas,
Qu’il laisserait nos âmes avancer côte à côte là.
On a vu les saisons traverser nos regards,
Sans penser qu’un matin changerait le décor,
Mais la vie doucement a déplacé les murs,
Et ce qui semblait fort devient parfois moins sûr.
Et je sens dans ta voix
Ce que tu ne dis pas,
Comme un mot suspendu
Qui restera perdu…
On s’éloigne sans se perdre,
On se quitte sans partir,
On laisse au fond du silence
Ce qu’on ne peut plus dire.
On avance en silence,
Le cœur un peu plus lourd,
Car certaines présences
Restent après le jour.
On se parle parfois comme on frôle un passé,
Avec des mots choisis pour ne rien réveiller,
Chaque phrase ressemble à un fragile pont,
Entre ce que l’on garde et ce que l’on tait au fond.
Il reste dans l’air vide des éclats de nos voix,
Des souvenirs paisibles qui ne reviendront pas,
Et même dans l’absence que personne ne voit,
Certains liens demeurent là où l’on ne touche pas.
Mais le temps nous reprend,
Nous éloigne lentement,
Et nos chemins s’écrivent
Là où nos pas dérivent…
On s’éloigne sans se perdre,
On se quitte sans partir,
On laisse au fond du silence
Ce qu’on ne peut plus dire.
On avance en silence,
Le cœur un peu plus lourd,
Car certaines présences
Restent après le jour.
Si un jour le hasard nous replace face à face,
Sans un mot, sans effort, sans chercher notre place,
Je saurai dans tes yeux ce que le temps n’a pas pris,
Que certaines histoires ne s’effacent jamais vraiment de la vie.
On s’éloigne sans se perdre,
Même loin dans l’avenir,
Car il est des visages
Qu’on ne peut voir partir.
On continue la route,
Différents, mais debout,
Car certaines absences
Vivent encore en nous.
On ne marche plus ensemble…
Mais rien ne disparaît vraiment.